MONTRÉAL, VILLE RÉSILIENTE - RÉSISTER AUX CHOCS

03/06/2016
  • Magazine

Montréal est-elle une ville résiliente, capable de survivre à d’importants stress? Une chose est sûre, elle travaillera très fort dans les mois à venir pour s’assurer de l’être.

Rencontre avec Louise Bradette, directrice de la résilience de Montréal, un poste nouvellement créé qui vise à faire face aux nouveaux défis des municipalités.

 

Durant les prochaines semaines, Louise Bradette présentera son comité directeur. Composé d’acteurs des milieux économique, culturel, universitaire et politique, il devra accoucher, d’ici la fin de 2017, d’une stratégie de rési­lience
pour Montréal. Avec Paris, New York, Singapour, Melbourne, Rio et Kigali, la métropole a joint, il y a un an, le réseau
des 100 villes résilientes (100VR) mis sur pied par la
Fondation Rockefeller, un groupe caritatif privé améri­cain qui finance des projets «pour le bien-être de l’humanité
dans le monde».

«Une ville résiliente, c’est une ville qui est capable de faire face aux chocs et aux défis tout en maintenant le cap, en assurant les services, en maintenant une vie harmonieuse», explique Louise Bradette, nommée directrice de
la résilience de Montréal au début de l’année.

Les chocs et les défis dont nous parlons sont multiples. C’est l’attentat terroriste, la catastrophe naturelle ou l’accident ferroviaire, comme celui survenu à Lac-Mégantic, en 2013. Mais ce sont aussi des types de stress moins apparents, comme les changements climatiques, le
vieillissement de la population, la
fragilité des infrastructures, le chômage ou la pauvreté… bref, une mer de problèmes qui sont de plus en plus souvent pelletés dans la cour des municipalités. «Aujourd’hui, les décisions passent de plus en plus par les villes, souligne Mme Bradette, qui est aussi directrice de la sécurité civile de Montréal. Celles-ci ont bien compris que, pour posséder une vraie capacité de résilience et pas seulement de réaction, il faut aller au-delà de la réponse d’urgence et s’attaquer aux axes sociaux et économiques. Mais nous ne savons pas encore comment effectuer ce virage.» Montréal devra trouver sa propre définition de la résilience afin de s’attaquer aux problèmes qui lui sont propres. S’il est encore trop tôt pour préciser les grands axes de la stratégie montréalaise, à la suite des premières rencontres chapeautées par Mme Bradette, il ressort que le plan fera la part belle aux solutions touchant, entre autres, les populations dites
vulnérables, comme les personnes âgées ou celles en situation de pauvreté.

 

Apprendre des autres

Pendant deux ans, Montréal profitera du réseau des 100VR, où les villes échangeront sur leurs plans et démarches. Déjà, Montréal s’est trouvé des atomes crochus avec une ville comme Barcelone. «Notre réponse en urgence est bien définie, poursuit Mme Bradette. Nous savons maintenant que nous voulons développer une nouvelle façon de faire et la partager avec les autres villes qui prennent le virage de la résilience. En tant que métropole du Québec, Montréal est habituée à échanger avec les villes plus petites de la province. C’est génial de pouvoir s’inspirer de grandes villes internationales.»

La Ville de Montréal a déjà indiqué sa volonté de prolonger le mandat du programme. «Nous bénéficions d’un solide appui de l’administration municipale. Nous regardons déjà au-delà du mandat établi, qui marquera les débuts de la mise en place d’actions claires», explique Mme Bradette.
Le mandat est pour le moment très large. Il faudra faire des choix. Le comité directeur ne pourra s’attaquer à tous les types de stress et à tous les chocs qui frappent la ville. «Si nous nous éparpillons trop, il sera difficile d’obtenir des résultats», concède Mme Bradette, qui souligne au passage qu’il existe déjà des projets, des équipes et des outils sur le terrain qu’il faudra mettre à profit. Et il faudra, surtout, passer de la parole aux actes. «Il est là, le défi, affirme-t-elle. Je ne suis pas une fille de concepts et je veux m’assurer de la pérennité de ce projet-là. Je peux vous garantir qu’il y aura des actions concrètes qui seront entreprises.»

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