Montréal et les gaz à effet de serre

20/02/2018
  • Magazine

Plusieurs gestes ont déjà été posés pour réduire les gaz à effet de serre dans la métropole. Des initiatives sont encourageantes.

Une ville peut poser beaucoup de gestes pour réduire les gaz à effet de serre (GES) qui accélèrent le réchauffement climatique. Montréal invite ses citoyens à utiliser leurs vélos, à prendre le métro et l’autobus, à adopter l’autopartage et les voitures électriques. Championne grâce à sa canopée, elle entretient un grand réseau d’espaces verts et aménage des saillies au coin des rues, remplies de végétaux.

Toutes ces actions ont-elles un réel effet sur la réduction des GES? À n’en pas douter, selon Félix Gravel, urbaniste, directeur adjoint au Conseil régional de l’environnement de Montréal et spécialiste de l’aménagement du territoire, des changements climatiques et des transports. «L’effet est même documenté et démontré, explique-t-il. Par exemple, la STM a chiffré la contribution du transport collectif à la réduction des GES. Bixi fournit à chacun de ses usagers son bilan personnel en matière de réduction des GES. On sait aussi qu’un arbre remplace une dizaine de climatiseurs. Nous avons de plus en plus de vérificateurs afin de documenter l’efficacité des mesures pour réduire les GES.»

Dans le Rapport de quantification des émissions de gaz à effet de serre évitées par le transport collectif dans la région métropolitaine de Montréal, publié par la STM en 2016, il a été démontré que, en adoptant le transport en commun, les Montréalais peuvent avoir un effet majeur sur la réduction des GES. Plus de transport en commun et moins de CO2.

Plus de transport en commun et moins de CO2

À l’heure actuelle, le transport collectif réduit le CO2 de 404 000 tonnes par année, et de 452 000 tonnes additionnelles en allégeant les congestions, pour un total de 856 000 tonnes. Par individu qui l’utilise, c’est l’équivalent de 1,4 kg par jour de CO2 en moins. Pour l’ensemble de la communauté urbaine de Montréal, la réduction annuelle de CO2 est de 3 911 000 tonnes.

Le transport en commun permet aussi de densifier la population. Aujourd’hui, la superficie nécessaire à la population montréalaise actuelle est de 2336 km2. Sans transports collectifs, elle serait de 8535 km2. C’est la catégorie de réduction qui a le plus grand impact, en diminuant de 2 341 000 tonnes le volume de CO2 par année, indique le rapport.

La densification réduit actuellement les GES de 22 %, l’allégement de la congestion, de 17 % et la non-utilisation de l’automobile, de 16 %. Cette contribution de 55 % est très importante. Développer le transport collectif ne peut qu’améliorer ce bilan. «Si les gens utilisaient plus le covoiturage, ajoute Félix Gravel, cela aurait un impact majeur sur l’environnement. Le potentiel est énorme, avec de 8 à 10 millions de places libres dans les voitures par jour dans la grande région de Montréal.»

Avec les océans, les arbres sont les principaux capteurs de carbone: plus il y en a dans une ville, plus leur capacité de captation est efficace. Les pots d’échappement émettent des fines particules d’ozone et de soufre qui restent en suspension juste au-dessus de l’asphalte plusieurs jours. Pour les «biofiltrer», il faut du gazon, de la terre, de l’asphalte poreux ou des pavés alvéolés, qui laissent tous infiltrer l’eau. La Ville peut donc faire des choix qui font toute la différence.

Pour que les Montréalais marchent, il faut rendre la ville moins minérale et plus végétale, croit Félix Gravel.

À ses yeux, les saillies avec aménagement végétal, les arbres et les espaces verts assainissent l’air et incitent ainsi les citoyens à marcher. Félix Gravel estime que Montréal bouillonne d’idées pour une transition énergétique. Malgré nos hivers rigoureux, la pratique du vélo se développe de façon exponentielle, des citoyens aménagent des ruelles vertes et envisagent la géothermie de ruelle pour chauffer leurs maisons. «Toutes les initiatives mises bout à bout font une réelle différence, dit M. Gravel. Je dégage de tout cela une conjoncture assez positive.»

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