Jeunes philanthropes: portrait d'une génération

02/06/2017
  • Magazine

Ils sont généreux comme les donateurs des générations précédentes. Les jeunes philanthropes se révèlent cependant plus actifs et dynamiques dans leur gestion des dons.

Ils sont doués et très conscients d’occuper une place de choix dans la société. Certes, certains jeunes philanthropes ont déjà des moyens financiers enviables en regard de leur âge, mais le dénominateur commun de cette nouvelle génération se situe davantage dans sa conception du don. L’époque où les mieux nantis donnaient par charité pour combler les lacunes de l’État-providence est bel et bien révolue. Aujourd’hui, les jeunes parlent de responsabilité et d’action.

Une façon de dire merci

Section de la Fondation HEC Montréal, le Club des 100 réunit d’anciens étudiants de l’institution désireux de soutenir la relève. Les cotisations des membres et les activités de financement servent principalement à octroyer des bourses d’études. «Le but du Club des 100, c’est aussi d’inculquer rapidement aux étudiants la notion de gratitude. C’est impor- tant de donner en retour. On sait à quel point la formation a une influence sur le parcours de chacun dans le monde du travail. Pour moi, l’éducation, c’est de la prévention», explique Georges-Étienne Bernier, directeur exécutif pour la firme de promotion et de publicité Effix.

L’adhésion au Club requiert un engagement de 10 ans. Toutefois, pour Jonathan Beauchesne, directeur en fiscalité chez Ernst & Young, la cause de l’éducation supérieure n’a pas de date de péremption. Son désir de contribuer à l’épanouissement des plus jeunes est tel qu’il a inscrit la Fondation HEC Montréal sur son testament. Jonathan Beauchesne soutient également son école secondaire, une école de pilotage et l’OSM. Tous n’ont pas eu la même chance que ce philanthrope...

Au Jeune Barreau de Montréal, le Comité Services juridiques probono est le plus populaire, nous apprend Extra Junior Laguerre, président de l’organisme. Préparation à l’audition, soutien juridique au consommateur, bénévolat à la Maison du Père et activités de financement pour l’organisme Pour 3 points rallient de nombreux jeunes avocats soucieux d’aider les plus démunis. Marie-Pier Lépine, qui travaillait en cabinet privé mais faisait du bénévolat depuis longtemps, cherchait à concrétiser sa passion pour l’engagement social. Elle a donc décidé de joindre ses deux champs d’intérêt — le droit et une cause sociale — en quittant son emploi dans un cabinet pour aller travailler à la Fondation du Grand Montréal.

Des liens, des expériences

«La philanthropie a changé depuis 20 ans, elle se profession- nalise, et les attentes des donateurs ne sont plus les mêmes», affirme Jacinthe Roy, directrice générale de l’Association des professionnels en gestion philanthropique. Les jeunes ne répondent plus aux sollicitations postales, ils s’engagent dans des causes. Ils aiment être témoins des répercussions de leurs actions.

Bien qu’aucun des jeunes interrogés ne cite en premier lieu le caractère social des activités philanthropiques comme source de leur motivation, ils reconnaissent que la commu- nauté d’esprit est un aspect positif dans leur engagement. Néanmoins, l’édition 2016 de l’Étude sur les tendances en philanthropie au Québec, menée conjointement par l’organisme Épisode (firme d’experts-conseils en collecte de fonds) et la firme Léger, révèle que ce sont les défis sportifs à portée caritative qui suscitent le plus grand nombre de dons chez les jeunes.

«L’expérience est extrêmement importante, parce qu’on s’implique pour des enfants malades, affirme Wolfgang Housseaux, de CRI agence, partenaire du 24h de Tremblant. Pour nous, l’évènement sportif, c’est la carotte au bout du bâton.»

En philanthropie comme dans les autres sphères de leur vie, les membres de la génération Y n’attendent pas que l’État les prenne en charge, ils plongent.

Texte: Isabelle Léger

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