Femmes d’entreprises

02/12/2016
  • Magazine

Deux femmes d’affaires présentent deux visions d’entreprise fortes. 

 

JOHANNE MARCOTTE

IVANHOÉ CAMBRIDGE

Quelles sont vos fonctions au sein du groupe Ivanhoé Cambridge?

Je supervise l’ensemble des activités d’exploitation des centres commerciaux au Québec et en Ontario. Cela représente près de 5,5 millions de pi2 répartis dans les villes de Québec, Montréal, Sherbrooke et Ottawa. Je suis également responsable de plus d’une cen­taine d’employés d’Ivanhoé Cambridge qui travaillent dans ces propriétés.

Quels nouveaux défis les centres commer­ciaux doivent-ils relever afin de pérenniser leurs activités?

Nous sommes conscients que la façon dont les gens vivent, travaillent et se divertissent est en constante évolution. Nous savons également que l’expérience de magasinage débute dans le salon des consom­mateurs qui s’informent en ligne sur les produits avant de passer les acheter en magasin. En ce sens, nous sommes toujours à l’affût des nouvelles initiatives pour améliorer le magasinage en fonction des besoins et des attentes de la clientèle. À titre d’exemple, le Centre Eaton de Montréal a participé à un projet pilote, les vitrines interactives, l’an dernier durant le temps des fêtes. Les vitrines avaient pour but de simplifier la recherche de cadeaux et de diminuer la difficulté de magasinage durant la période la plus acha­landée de l’année. L’initiative a remporté un grand succès.

Est-ce que, selon vous, la Ville de Montréal faci­lite l’implantation de centres commerciaux?

La Ville de Montréal anticipe l’arrivée de quelque 50 000 nou­veaux résidents d’ici 2030. Des espaces commerciaux et de bureaux supplémentaires seront à prévoir pour répondre à la demande. L’administration du maire Coderre travaille dans ce sens. Pour Ivanhoé Cambridge, investir dans le centre-ville de Montréal est de première importance. Nous nous sommes engagés d’ici 2020 à investir 1 milliard de dollars dans nos propriétés, dont Place Ville Marie et son Esplanade, Maison Manuvie, Fairmont Le Reine Elizabeth et Le Centre Eaton de Montréal. Selon moi, l’administra­tion municipale est dynamique, et elle doit continuer à collaborer avec les commerçants et les promoteurs du centre-ville de Montréal pour redyna­miser l’axe McGill/Sainte-Catherine, le coeur de la ville. Nous avons fait beaucoup de chemin depuis quelques années, mais il reste encore pas mal de choses à faire afin que les Montréalais se réapproprient entièrement et complètement le centre-ville de Montréal, et ce, en dehors des heures de bureau.

Comment se profile la future implantation de Saks Fifth Avenue Off 5TH à Montréal?

Ce magasin sera le premier dans le marché montréal­ais. Il ouvrira au Centre Eaton de Montréal à l’automne 2018 et occupera 4181 m2 (45 000 pi2) sur deux étages au coin des rues Robert-Bourassa et Maisonneuve. Il occupera une partie des locaux laissés vacants par l’ancien magasin Les Ailes. L’arrivée de cette enseigne renforcera le leadership du Centre Eaton de Montréal et du complexe en tant que destination de magasinage numéro un au centre-ville.

 

ANNE-MARIE LAOUN

GEORGES LAOUN OPTICIEN

À Alexandrie, en Égypte, Georges Laoun était déjà opticien. Au Québec, toujours expert dans le même domaine, son nom est devenu synonyme de qualité et de service en lunet­terie dès l’ouverture de leur première boutique, en 1983. Mais ce qui distingue les boutiques Georges Laoun Opticien (au Musée des beaux-arts et rue Saint-Denis), c’est qu’elles ne se contentent pas de vendre des montures et d’offrir des services d’optique. L’entreprise s’est aussi donné comme mission de soutenir les artistes d’ici, et ses boutiques sont devenues des espaces d’art. Aujourd’hui, c’est Anne-Marie, fille de Georges, qui préside aux destinées des lunetteries Georges Laoun.

Comment vous est venu cet intérêt pour les arts, vous qui êtes dans le commerce de détail?

Ça a surtout commencé avec mon frère, Sherif, qui était un pas­sionné d’art. Il avait beaucoup d’amis artistes et c’est lui qui a décidé d’apporter des créations et des oeuvres à la boutique avec mon père. Il y a 27 ans que ce volet existe. Aujourd’hui, cela fait vraiment partie de l’ADN de l’entreprise, qui a été récompensée par le Prix Arts-Affaires et par le Prix Ramon John Hnatyshyn pour le bénévolat dans les arts du spectacle (Prix du Gouverneur général).

Quelles sont vos actions dans le domaine de l’art?

Je suis très impliquée. L’an passé, le regroupement Arts-Affaires de Montréal, qui s’occupe de partenariat entre artistes et milieu d’affaires, m’a demandé d’être ambassa­drice dans le cadre de leur concours. Tous les mois, dans chacune de nos boutiques, nous continuons de présenter un artiste. S’il vend des oeuvres, tout l’argent lui revient. Nous ne prenons pas de pourcentage sur les ventes.

Comment faites-vous la sélection d’oeuvres et d’artistes?

Nous recevons environ 300 artistes qui nous proposent leurs travaux au cours de l’année. Dans nos choix, nous essayons de conserver un bon équili­bre entre des artistes nouveaux, et souvent inconnus, et des créateurs qui sont en place depuis plus longtemps, comme Marcel H. Poirier, peintre reconnu. Je pense que le rapport à l’art est quelque chose de très person­nel. C’est vraiment une affaire de goût, c’est aussi ça, la beauté de l’art. Personnellement, j’aime la découverte, et j’aime me laisser surprendre. J’ai chez moi de nombreuses oeuvres achetées

 

Texte: Benjamin Abba

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