Chantal Rouleau - Ministre de la mobilité

13/02/2020
  • Magazine

Montréalaise et fière de l’être, la ministre déléguée aux Transports et ministre responsable de la Métropole et de la région de Montréal, Chantal Rouleau, est une femme d’action qui entend ne pas rester les bras croisés pour aider Montréal à retrouver une mobilité fluide!

Imaginez Chantal Rouleau à Igloofest. A priori, ça ne colle pas trop à l’image de la femme politique. Et, pourtant, la ministre responsable de la Métropole et de la région de Montréal au sein du gouvernement du Québec y a eu bien du plaisir. C’est avec des étoiles dans les yeux qu’elle vante les mérites de sa soirée de la veille, passée auprès des organisateurs du festival.

Authentique Montréalaise – elle est née à l’hôpital Sainte-Justine –, Chantal Rouleau a habité nombre de secteurs de la ville. Elle mentionne que le premier ministre, François Legault, vit dans la métropole, de même que la «moitié du cabinet».

«Montréal représente 50 % du PIB de la province, rappelle la ministre. C’est un moteur. Si la ville ne va pas bien, le reste du Québec souffre.» D’ailleurs, Chantal Rouleau a en commun avec la mairesse, Valérie Plante, une obsession: la mobilité. Ponts, tunnels, grandes artères: le transport dans la grande région métropolitaine, c’est son dossier. «Oui, on le sait, c’est congestionné, mais, d’ici quelques années, on va assister à une modification complète de la mobilité sur l’île de Montréal et dans les couronnes qui la ceinturent.»

Au bout d’une heure de rencontre avec Chantal Rouleau, à force d’entendre la ministre clamer haut et fort que «la vision pour la métropole passe par le transport en commun», on finit par mettre de côté les idées reçues sur un gouvernement en adoration devant l’automobile.

Plaidoyer pour le REM

Pour Chantal Rouleau, qui défend ardemment le Réseau express métropolitain, avec «un train électrique ultramoderne qui accédera au centre-ville toutes les deux minutes et demie», le projet de transport collectif représente 100 000 passages quotidiens de plus. «C’est 50 000 personnes par passage; on enlève des véhicules de nos routes», se réjouit-elle.

La ministre estime par ailleurs que le REM va «venir soulager le tronçon est de la ligne orange du métro, qui est congestionnée en certains endroits et à certaines heures de la journée». À son avis, les travaux liés au garage Côte-Vertu (Société de transport de Montréal) permettront d’améliorer la fluidité sur cette même ligne en augmentant la fréquence de passage des trains.

Et puis, il y a le SRB Pie-IX, qui reliera la ligne bleue et la ligne verte du métro. La ministre a opté pour la prolongation du SRB jusqu’à la rue Notre-Dame afin qu’il soit possible qu’on lui rallie un train ou un tramway sur cette rue.

La ministre, qui a été mairesse de l’arrondissement Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, se donne un horizon de cinq ans pour corriger une situation déficiente dans l’est de la métropole et pour désengorger le centre-ville. «On a demandé à la Caisse de dépôt d’évaluer l’axe Notre-Dame, du centre-ville à la pointe de l’île et à Rivière-des-Prairies, pour mettre en place un transport structurant moderne et électrique, indique-t-elle. On ne l’appelle pas tramway ni REM, on ne lui donne pas de nom. La technologie nous sera proposée en temps et lieu par la Caisse de dépôt, qui a été mandatée pour cette étude.»

Voilà qui s’ajoutera au prolongement de la ligne bleue du métro vers Anjou, qui devrait être terminé en 2026. Et ce n’est qu’un début, puisque la ministre attend les résultats d’études pour la création de modes de transport «structurants modernes et électriques» dans les axes vers Lachine, Chambly, Longueuil, Brossard et Laval.

Montréal, c’est toi, mon île

«Les travaux, c’est contrariant. On ne fait pas d’omelette sans casser des oeufs, mais on peut ensuite se servir des coquilles pour construire autre chose», illustre celle qui préfère «agir plutôt que de regarder le train passer».

«Ça nous force à imaginer et à mettre en place des solutions novatrices, qui peuvent être durables, comme les voies réservées, les systèmes de covoiturage et les navettes fluviales vers le centre-ville.» Navette fluviale: le chat est sorti du sac. C’est que Chantal Rouleau en fait un objectif personnel: instaurer un réseau à l’année. Pas moins de 60 000 passagers ont pris part au projet pilote, l’été dernier, en faisant des déplacements entre Pointe-aux-Trembles et le Vieux-Port.

«Montréal est une île, la ville a été créée grâce au fleuve, rappelle la ministre. C’est un système qui peut fonctionner très facilement de 8 à 10 mois par année sans effort; pendant les périodes de très grand froid, ou bien on utilise le brise-glace, ou bien il n’y a pas de service.»

Et puis, « il faut relier Montréal et la Rive-Sud par une navette fluviale, comme ça se fait dans les grandes métropoles, comme New York», martèle la ministre.

À quoi ressemblera Montréal dans 20 ans? «On ne parlera plus de congestion, mais de mobilité active et collective. Ce sera une ville encore plus accueillante, s’appuyant sur l’économie verte et l’économie du savoir.»

Découvrez les adresses préférées de Chantal Rouleau au centre-ville dans une courte vidéo!

Texte : Marilyse Hamelin
Photo de couverture : Jocelyn Michel

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